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« Scientifiquement prouvé ? »


Vous trouverez sur ce site quantité d’informations labellisées: « scientifiquement prouvé ». Je tiens à attirer votre attention sur ce terme.


De nos jours, se tenir informés est à la portée de tous. En quelques clics, nous avons la possibilité d’apprendre, d’avoir les réponses à nos interrogations et ce, dans tous les domaines. Internet…. une source inépuisable d’informations mais aussi, hélas, de désinformation. En effet, tout ce que nous pouvons y lire n’est pas toujours le reflet de la vérité et il est souvent difficile de faire la part des choses au vu du nombre de personnes qui se disent “experts”.


Doutez ! C’est la premiere chose que je tiens à vous dire. Mieux vaut privilégier la qualité de l’information à la quantité. Affutez votre sens critique, vérifiez les informations et ne vous laissez surtout pas duper par les “titres” et autres Docteur, Professeur, PhD, ou Président de telle ou telle société. De nos jours, il est facile de créer sa propre société et de s’autoproclamer président.


Alors comment apprécier une information?


Toutes les études scientifiques n’ont pas la même valeur…Il existe une classification des méthodes permettant d’apporter une preuve scientifique, à savoir :


1-L’avis d’expert (expert opinion) : Il n’a aucune valeur scientifique. C’est la réflexion d’une personne sur un sujet donné. Cette réflexion peut-être purement empirique ou basée sur une expérience personnelle et appelle discussion et critique.


2-Rapport de cas (Case Report) : Comme son nom l’indique, c’est l’étude d’un cas et de ses conclusions.


3-Etude cas-témoin (case-control study) : Le cas étudié fait l’objet d’une comparaison avec un cas témoin. Dans le cas d’une étude médicale, le cas témoin sera par exemple un patient sain.


4-Etude de cohorte (Cohort Studies: observational study) : en médecine l’etude de cohorte consiste par exemple a comparer l’apparition d’une pathologie sur plusieurs groupes d’individus en fonction des facteurs de risques.


5-Au-dessus, de façon significative, nous trouvons les Essais Comparatifs Randomisés ou essais randomisés contrôlés (RTCs randomized controlled trials). En médecine toujours, les patients sont repartis en plusieurs groupes, et ce, de manière aléatoire. La seule difference entre les groupes est la variable à étudier (traitement médicamenteux par exemple). Ces études peuvent être réalisées en aveugle (blind) les intervenants ne sachant pas dans quel groupe se situent les patients). Des techniques utilisant des placebos sont souvent appliquées .


6- Enfin, au sommet de la hiérarchie d’évidence on trouve : Les Méta analyses ou revues systématiques d’essais comparatifs Randomisés (Comprehensive systemic reviews and meta-analyses). Ce sont des études d’études (le plus souvent RTCs)


Ci-dessous voici comment la Haute Autorité de Santé classe les niveaux de preuve scientifique (source wikipedia)


Niveaux de preuve scientifique et grades des recommandations (Haute Autorité de Santé) Niveau de preuve scientifique fourni par la littérature Grade des recommandations


Niveau 1 (NP1) Essais comparatifs randomisés de forte puissance (effectifs suffisants) – Méta-analyse d’essais comparatifs randomisés – Analyse de décision basée sur des études bien menées Preuve scientifique établie A (Prouvé)


Niveau 2 (NP2) Essais comparatifs randomisés de faible puissance (effectifs insuffisants) – Études comparatives non randomisées bien menées – Études de cohortes Présomption scientifique B (Probable)


Niveau 3 (NP3) Études de cas-témoins Faible niveau de preuve C (Accepté)


Niveau 4 (NP4) Études comparatives comportant des biais importants – Études rétrospectives – Séries de cas Faible niveau de preuve C (Accepté)


En l’absence d’études, les recommandations sont fondées sur un accord professionnel


A titre d’exemple je me souviens d’un débat houleux qui avait débuté sur le thème de l’homéopathie. Chacun faisait part de son expérience personnelle quand, agacé j’ai entrepris la lecture des conclusions d’une méta-analyse du très sérieux Australien National Health and Medical Research Council et qui faisait écho à d’autres études dont j’avais connaissance. (voir liens ci-après).


Mes détracteurs, dans le cas présent la majorité des personnes réunies dans la salle, se mirent à chercher frénétiquement sur leurs ordinateurs afin de me citer une pléïade d’articles vantant l’efficacité des traitements homéopathiques.


Effectivement, il est possible de trouver et ce, dans tous les domaines, un avis d’expert ou une étude scientifique de faible niveau pour confirmer ou infirmer telle ou telle croyance.


Ce débat s’est soldé par mon incapacité à faire admettre l’existence d’une classification des niveaux de preuves scientifiques et qu’une méta-analyse d’essais comparatifs randomisés de qualité reste nettement supérieure à n’importe quelle étude de cas.


Etude précitée : nhmrc.gov.au ncbi.nlm.nih.gov ou encore ncbi.nlm.nih.gov


Je laisse à l’appréciation du lecteur les conclusions de cette étude.


On ne peut hélas contraindre quiconque à sortir de son ignorance d’un sujet précis. Toute fausse certitude peut vous éloigner de votre but ce qui, dans le domaine de la médecine, peut avoir de très lourdes conséquences . Soyez donc vigilants, rigoureux et méthodiques dans ce que vous acceptez de croire.


Ci-après, un lien vers le site du Dr Ben Goldacre où vous y trouverez des articles passionnants.


Etude précitée : www.badscience.net ou encore une video: https://www.ted.com/talks/ben_goldacre_battling_bad_science